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Interview de Sasha Moeha : Quand la conservation des cétacés dépasse les frontières

Pouvez-vous nous parler de vous en quelques mots ?

Je m’appelle Moeha Saisho, je suis Japonaise et j’ai 27 ans. Je suis en deuxième année de thèse à l’Université de La Réunion en sociologie. Avant d’être dans la région, j’ai étudié trois ans en France. Maintenant, je vis à La Réunion avec mon copain qui est originaire de la métropole. 

C’est assez inhabituel de rencontrer des Japonais qui étudient les baleines dans la région. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Tout à fait par hasard. Pour mieux comprendre, je vais essayer de vous expliquer mon parcours.

Quand on est au Japon et quand on parle de pays étrangers, c’est d’abord les Etats-Unis, l’Europe, l’Asie, l’Afrique… Et j’ai voulu découvrir d’autres cultures qu’on n’entend pas forcément au Japon.

Après m’être familiarisé avec l’anglais au lycée, je voulais apprendre la langue française pour pouvoir voyager et découvrir différents pays et régions. Le français se parle non seulement en France mais aussi dans les pays francophones. Ainsi, j’ai commencé à étudier la langue, l’histoire et la culture française en licence au Japon. 

Je suis partie en France pour un an d’échange universitaire. Mais en revenant au Japon, j’ai voulu continuer d’étudier la langue française et d’approfondir des métiers qui m’intéressaient. C’est pour cela, j’ai postulé à un master en métropole, à l’Université Paris Descartes où j’ai pu étudier la sociologie, l’anthropologie et la démographie. C’est en première année de ce master que j’ai fait un stage portant sur la migration et la culture comorienne en France. La deuxième année, j’ai hésité à continuer sur le même thème ou éventuellement sur la migration aux Comores. En même temps, l’écotourisme et le développement local qui m’intéressait beaucoup même avant commencer mon master. En même temps, chez nous au Japon, la chasse aux cétacés continue toujours et le sujet des baleines est délicat. Je voulais comprendre les avis différents selon les pays ou les cultures concernant la protection des cétacés. Je ne connaissais du tout pas La Réunion mais comme j’ai étudié un peu sur les Comores. Donc pour moi, d’étudier sur La Réunion est à la fois une nouvelle chose mais en même temps pour approfondir des sujets qui m’intéressaient (des îles de l’océan Indien, des baleines, des régions francophones...). 

A vous écouter, vous n’êtes donc pas scientifique à la base ?

Comme je vous ai raconté jusqu’à maintenant, je n’ai pas fait de formation de la biologie marine. Ce que j’ai étudié et j’étudie jusqu’à présent, ce sont les sciences humaines. Mais d’étudier sur le tourisme de baleines à La Réunion, c’est pour moi, vraiment un sujet pluridisciplinaire (la biologie, la sociologie, l’anthropologie, l’histoire, la géographie). Donc durant le congrès mondial sur les baleines à bosse, j’ai appris beaucoup de choses sur cet animal. 

Quand j’étais petite, j’ai participé au whale watching (l’observation des baleines) au Canada avec ma famille. Mes parents aiment bien les animaux.  Malheureusement, nous n’en avons pas vu car cela dépend aussi de la chance. Mais je me souviens encore d’une guide sur le bateau qui nous a expliqué sur les écosystèmes et le mode de vie des baleines avec les fanons de baleines dans sa main. Cela m’a vraiment marqué et je pense que c’est très intéressant d’étudier sur les baleines, les animaux qu’on est en train d’apprendre comment elles vivent, communiquent entre elles, ce que les chercheurs nous ont montré pendant le congrès. 

Votre sujet d’étude s’intitule « Baleines à bosse et observation de baleines : enquête sur les observateurs de baleines à La Réunion ». Pourquoi ce thème et que pensez-vous faire après vos études ?

Présente à La Réunion depuis une dizaine d’années, l’observation des baleines constitue une source de revenu liée à l'écotourisme. Mon étude a pour objectif de dresser le profil socioéconomique des observateurs de baleines à La Réunion et collecter leurs perceptions des baleines afin de mieux cerner leur potentiel.

Je voudrais finir mon dernier terrain à La Réunion en juillet-août avec la saison des baleines (2017), réaliser des enquêtes avec la population locale et rencontrer le maximum d’opérateurs pour mieux comprendre les enjeux. 

Ensuite, je vais repartir au Japon pour continuer mon terrain ; les Japonais pratiquent la chasse aux cétacés, notamment les dauphins sur les zones côtières. Cette activité a pour objectifs la consommation de la viande mais aussi l’approvisionnement des aquariums. Néanmoins, la règlementation devient de plus en plus stricte ; la fédération des aquariums japonais (JAZA, Japanese association of zoos and aquariums) essaie d’interdire l’utilisation dans les aquariums de dauphins sauvages pêchés vivants mais ce ne sont pas tous les aquariums japonais qui ont des moyens et de la capacité pour la reproduction des dauphins, afin de continuer des spectacles avec des dauphins. L’objectif de mon terrain au Japon est à travers la recherche bibliographique, de mieux comprendre des perceptions sur des baleines au Japon, où la chasse et le tourisme baleinier existe.

Avec des méthodes comparatives, je voudrais étudier comment le même animal est perçu selon les différents pays ou les différentes cultures. De faire la recherche sur le tourisme baleinier à La Réunion est comme si, j’essaie de mieux comprendre la société réunionnaise à travers cet animal. La Réunion est un département français d’outre-mer mais l’histoire et la culture de cette île créées par les arrivées de multiculture, sont singulières et complexes. Cela demande beaucoup de travaux mais c’est très intéressant. Après des études, j’ai quelques idées mais je ne sais pas encore quoi choisir car pour le moment, la priorité est d’approfondir mes recherches et de terminer ma thèse. Mais je souhaite pratiquer, des savoir-faire de recherches acquis pendant ma thèse, pour mon futur travail. 

 
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