Cabotage maritime
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Première réunion du comité de suivi pour la mise en place d’un système de cabotage maritime, Ebène, 14-15 mars 2013

La COI, ses Etats membres et les opérateurs privés établissent les critères de faisabilité d’un système régional de cabotage maritime

Les membres du comité de suivi pour la mise en place d’un système de cabotage maritime entre les îles de l’Indianocéanie, réunis à la Commission de l’océan Indien (COI) jeudi 14 et vendredi 15 mars, ont adopté les termes de référence de l’étude de faisabilité du projet. Cette étude qui doit débuter dans les prochains mois comporte quatre étapes : l’état des lieux du transport maritime régional, l’identification du (des) port(s) d’éclatement, l’analyse de faisabilité technique et financière et, enfin, l’élaboration d’un business plan.

La deuxième journée de travail du comité de suivi a permis de préciser le cap à suivre, à savoir la création d’une société mixte (public-privé) de transport maritime ayant vocation à desservir les ports de la région, en complémentarité des lignes déjà opérées par les grandes compagnies maritimes.

Les échanges entre les parties prenantes représentées (autorités maritimes nationales, chambres de commerce et d’industrie, compagnies maritimes, COI, Union européenne, entre autres), ont aidé à établir les conditions de viabilité de cette société mixte, à moyen et long terme. Notamment, l’articulation des facteurs suivants s’avère primordiale : l’accroissement de la production dans les pays de la région, afin d’augmenter les volumes d’échanges de marchandises ; l’implication des Etats pour améliorer et assurer la maintenance des infrastructures portuaires ; la prise en compte des potentialités importantes liées au développement économique des pays voisins d’Afrique australe et orientale ; l’appui constant de partenaires tels que l’Union européenne et l’Agence française de Développement, sensibles aux spécificités insulaires de la région.

« Contrairement à nos voisins d’Afrique australe et orientale, le désenclavement de nos économies ne passe pas par des infrastructures terrestres. Nos autoroutes sont océaniques. Nos gares sont nos ports. Nos véhicules sont nos navires », a déclaré le Secrétaire général de la COI, Jean Claude de l’Estrac.  

S’adressant aux représentants des compagnies maritimes, conviés hier pour faire part de leurs perspectives sur le projet, Jean Claude de l’Estrac s’est dit inquiet pour les pays de la région et leurs populations, par rapport au fait que les navires affrétés ont tendance à être de plus en plus gros alors que même les ports les plus performants de la région ne sont pas certains de pouvoir les accueillir. Les Seychelles, par exemple, ne sont desservies que par une seule compagnie maritime, a-t-il rappelé, mettant en avant la forte vulnérabilité des petits Etats insulaires de ce point de vue.

« Nous avons besoin de votre expertise, de façon constructive », leur a-t-il dit, avant d’ajouter que « ce projet, voulu par les Etats membres de la COI, doit être un élément qui créé l’impulsion d’une hausse de la production dans la région ».

Ainsi, alors que Maurice et La Réunion importent chaque année près de 500 000 tonnes de céréales d’Amérique du Sud, une augmentation conséquente de la production agricole à Madagascar pourrait assurer une relative autosuffisance de la région tout en dynamisant de façon considérable le transport maritime intra insulaire. « Ce projet n’a de sens qu’en lien avec l’autre dossier majeur auquel le Secrétaire général de la COI tient tout particulièrement qui est celui de la sécurité alimentaire », a ainsi rappelé Maurice Cérisola, président de la Réunion économique, association fédérant les principales organisations socio-économiques de la Réunion.

lire le discours du Secrétaire général, prononcé le 15 mars...


La COI promeut un partenariat public-privé pour développer le fret maritime entre les îles de l’Indianocéanie

La première réunion du comité de suivi du projet de création d’une ligne de cabotage maritime dans l’Indianocéanie s’est tenue ce jeudi 14 mars au siège de la Commission de l’océan Indien (COI), à Ebène (Maurice). Cette instance, constituée par la COI à la requête de son Conseil des ministres, a pour mission de définir et de coordonner les étapes de mise en œuvre de ce projet. A terme, une société mixte de transport maritime régional pourrait être créée par divers partenaires publics et privés, pour développer les échanges commerciaux intra régionaux et désenclaver les économies insulaires de l’Indianocéanie.  

Cette première session de travail, initiée sous l’impulsion de la COI, est déterminante. Il s’agit de donner corps à la volonté des Etats membres de la COI de créer un système régional de cabotage maritime, suite à leur décision prise lors du dernier Conseil des ministres de la COI, le 17 janvier 2013 aux Seychelles. Lors de l’ouverture des travaux du comité de suivi ce matin, le Secrétaire général s’est exprimé en faveur de la création, à terme, d’une société d’économie mixte, dans le cadre d’un partenariat équilibré et pérenne entre les Etats et des investisseurs privés.

Déjà, Maurice et les Seychelles ont indiqué formellement à la COI leur disposition à soutenir activement la mise en œuvre du projet. Les opérateurs régionaux du transport maritime, diverses institutions publiques et privées, des associations professionnelles et sectorielles dont l’Union des Chambres de commerce et d’industrie de l’océan Indien et l’Association des ports de l’océan Indien, ont également témoigné de leur vif intérêt. Autant de signes encourageants que les membres du comité doivent traduire en action, par la définition d’un plan de travail et leur appui constant au Secrétariat général de la COI pour mobiliser les fonds nécessaires.

L’un des sujets à l’ordre du jour porte sur la mise en place d’une étude de faisabilité, qui doit être réalisée au cours des prochains mois, et pour laquelle un soutien financier de l’Union européenne a été demandé. Cette étude devra analyser les conditions de rentabilité économique d’une future compagnie maritime régionale, ainsi que les prérequis sur le plan technique, institutionnel, juridique et infrastructurel. Les résultats et recommandations formulées devraient ainsi permettre aux Etats membres de la COI de prendre les décisions les plus à même de garantir la viabilité du dispositif.

La question du coût de la création d’une ligne régionale de cabotage maritime et de sa rentabilité à moyen et long terme est au cœur de la réflexion engagée. C’est pourquoi, parallèlement à la mise en place de cette « infrastructure flottante », la COI travaille sur le développement de la production agricole à Madagascar. La Grande île bénéficie d’un potentiel considérable, une fois qu’elle aura retrouvé sa stabilité politique et sociale, pour renforcer la sécurité alimentaire dans la région et dynamiser le commerce intra insulaire.

Dans un souci de représentativité optimale des diverses parties prenantes au projet, le comité est composé d’une vingtaine de représentants des Etats membres de la COI , du secteur privé, des chambres de commerce et du Secrétariat général de la COI. Les partenaires au développement (Union européenne, Agence française de développement, Banque africaine de développement, Banque mondiale) devraient également être sollicités pour se joindre aux travaux du comité de suivi en tant qu’observateurs.

S’adressant à aux membres du comité de suivi, Raj Mohabeer, chargé de mission à la COI, a souligné que chacun d’entre eux « a la responsabilité d’impliquer directement les acteurs concernés dans le pays qu’il représente ». En effet, « l’adhésion de chacun de nos Etats membres au projet, et plus encore leur implication directe est une précondition. Car seul cet engagement sera capable de rassurer les opérateurs privés », a déclaré Jean Claude
de l’Estrac.

Après cette première réunion, la journée de demain, vendredi 15 mars, sera consacrée à une série d’échanges et de consultations entre les membres du comité de suivi d’une part et les représentants de plusieurs compagnies privées de transport maritime et autres opérateurs privés d’autre part. Compte-tenu de leur expérience, ces derniers pourront exprimer leurs attentes et recommandations par rapport au projet, de sorte que, in fine,  l’ensemble des acteurs potentiellement concernés aient une vision claire et partagée des objectifs et des moyens à mobiliser pour y parvenir.

lire le discours du Secrétaire général, prononcé le 14 mars...

 
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