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« Nous sommes dans l’idée de contribuer à un espace régional de l’enseignement supérieur basé sur les échanges, la mutualisation et la solidarité active »

Interview de Philippe Bataille, directeur régional (océan Indien) de l’Agence universitaire de la Francophonie 

Vous avez animé l’atelier de co-construction dans le cadre du montage d’un projet ERASMUS+ Energies Durables dans les Etats membres de la COI. Parlez-nous de la genèse de ce projet.

L’atelier qui s’est tenu à Maurice du 5 au 10 novembre 2018 est une des premières étapes, essentielle pour l’Agence universitaire de la Francophonie. Dans la méthodologie de montage de projet que nous adoptons, il est en effet essentiel que l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur concernés (régionaux et européens) puissent travailler ensemble, dès le départ et en présentiel, pour définir, dans son architecture générale, le projet que nous soumettrons à l’appel d’offres Erasmus + pour le début février 2019. Ce mode collectif et inclusif d’élaboration explique que nous qualifions ce séminaire de travail par le terme « d’atelier de co-construction ».

En amont de cet atelier et en concertation étroite avec le programme ENERGIES, nous avons constitué le réseau d’établissements que nous souhaitions voir impliqués et qui eux-mêmes le souhaitaient. Ce réseau a été construit en amont de l’atelier car il en constitue la condition impérative d’existence. Le choix des établissements européens a été guidé, outre les expertises attendues, sur la notion d’insularité qui caractérise la région océan Indien.

Depuis l’atelier de co-construction, les échanges se poursuivent à distance pour écrire le projet conformément au cadre exigé par l’Union Européenne et sur la base du synopsis élaboré ensemble, tant pour la description détaillée des activités proposées que pour l’élaboration du budget correspondant. Parallèlement, nous menons, pays par pays et avec l’appui de deux experts régionaux, issus du consortium d’établissements, une analyse des compétences attendues au regard des politiques publiques et des entreprises du secteur. Cette analyse est un postulat fondamental partagé avec la COI selon lequel les formations doivent être en adéquation avec les besoins économiques.

Tout ce travail, qui intègre également la préparation des documents institutionnels demandés par l’UE, est rigoureusement planifié selon un calendrier tenant compte de la date limite de dépôt des projets fixée par l’UE au 7 février 2019 avant midi. Il convient de préciser deux choses. D’une part, il s’agit d’un projet de formation(s) qui sera mis en œuvre, s’il est retenu par l’UE, à partir de janvier 2020. D’autre part, le domaine visé est non seulement celui des énergies renouvelables (ER) mais aussi celui de l’efficacité énergétique (EE), les deux étant étroitement liés dans ce que l’on appelle la transition énergétique, enjeu international majeur de l’époque.

 Qu’est ce ERASMUS+ et comment ce programme pourrait-il bénéficier aux pays membres de la COI ?

Erasmus + est un appel à projets annuel porté par l’Union Européenne et concernant l’enseignement supérieur. La composante de cet appel à projets Erasmus + dans laquelle nous nous inscrivons concerne la « capacity building ». Elle est donc tout à fait adaptée à l’ambition de la COI de contribuer activement à un espace régional de formation notamment dans le domaine de l’EE et des ER.

 Comment l’atelier s’est-il déroulé ?     

Au vu d’un premier état des lieux des formations existantes dans la région et des compétences attendues par les entreprises du secteur, l’atelier a atteint son objectif visant à définir le synopsis du projet qui sera déposé. Très brièvement, l’échange a permis de voir que le projet d’une formation unique océan Indien (hypothèse initiale a priori) se heurtait à la difficulté des procédures d’habilitation des formations spécifiques à chaque pays tant en termes de modalités que de calendrier. Par ailleurs, dans quatre des pays concernés des formations existent déjà (Comores, France/Réunion, Madagascar, Maurice) avec des anciennetés variables, certaines venant juste de démarrer (Maurice, UdM) ou allant démarrer très prochainement (Comores, UdC).

Ces deux raisons conjuguées ont amené à s’orienter vers une amélioration/harmonisation des formations existantes par le renforcement de compétences des équipes enseignantes (y compris par mutualisation inter-pays océan Indien). Le second axe sera le montage d’une formation dans ce domaine à l’Université des Seychelles, université jeune qui ne dispose pas encore de toutes les compétences dans le domaine. Cette formation serait pensée en complète co-construction avec l’idée de mobiliser les compétences régionales au profit de l’émergence de compétences seychelloises. Nous sommes donc pleinement dans l’idée de contribuer à un espace régional de l’enseignement supérieur basé sur les échanges, la mutualisation et la solidarité active, valeurs qui ont fondé la création de l’AUF et qui reste un fil rouge de son action. Il s’agit évidemment d’un enjeu partagé avec la COI dont la création est inhérente à cet enjeu régional.

 Qu’est-ce qui vous a le plus frappé par rapport au contexte énergétique des pays de la région ?

Le plus frappant est sans doute de voir que les cinq pays sont engagés dans des politiques publiques contribuant à la transition énergétique, notamment l’implémentation d’organes dédiés spécialement à l’EE et/ou aux ER ainsi que l’élaboration de politiques énergétiques et de cadres réglementaires dans ces deux domaines.

Mais ils sont engagés avec leurs différences qui tiennent à plusieurs raisons dont celles liées à la géographie et aux contextes de développement économique.

Parallèlement à la mise en place des politiques publiques, on constate l’émergence d’opérateurs et l’extension de leurs activités dans le domaine des ER, à l’instar des distributeurs/installateurs qui proposent des solutions à différentes échelles : de la centrale solaire de 20MW en activité depuis un an à Madagascar, la plus importante de l’océan Indien, aux micro-installations comme on peut le voir à Maurice notamment.

Pourquoi viser à monter un cours spécifiquement pour la région ?

Erasmus + est un dispositif de soutien aux établissements d’enseignement supérieur notamment dans le renforcement de leur offre de formation.

L’hypothèse d’une formation unique pour la région n’a donc pas été validée par le consortium d’établissements au profit d’une amélioration des formations existantes et du montage collectif d’une formation aux Seychelles seule université de la région qui n’en est pas encore dotée.

 Quelles sont les universités de la région qui participent à ce projet ?

La constitution de ce consortium répond aux règles de l’appel d’offres Erasmus + en associant des établissements régionaux (désignés comme « établissements de pays partenaires ») et des établissements européens (désignés comme « établissements de pays membres »), ceci en référence à l’Union Européenne.

Sur la région Océan indien six établissements régionaux de quatre pays partenaires ont ainsi accepté de s’impliquer : l’Université des Comores (UdC) ; les IST d’Antsiranana (Diego Suarez) et d’Antananarivo à Madagascar ; les universités de Maurice (UoM) et des Mascareignes (UdM) ; et l’Université des Seychelles (UniSey). 

A ce noyau régional, trois établissements de l’Union européenne (pays partenaires) ont été associés : l’université de la Réunion (qui a la particularité d’être à la fois européenne et géographiquement située dans l’océan Indien) ; l’université des Açores (Portugal) et l’Université des Canaries (Espagne). 

Au total donc ce consortium compte neuf établissements d’enseignement supérieur, auxquels s’ajoutent comme partenaires associés, la COI d’une part qui nous a sollicités et qui a initié ce projet dans la continuité du programme ENERGIES qu’elle mène avec le soutien de l’Union européenne (fonds FEDER) et, d’autre part, sous réserve de validation de son éligibilité la Florence School of Régulation (Italie).

Quelles thématiques seront abordées par ce cours ?

Les contenus des cours offerts aux étudiants des ESS feront précisément l’objet de certaines des activités du projet proposé. Toutefois, il est d’ores et déjà possible de dire, à titre indicatif, qu’ils seront focalisés sur la maîtrise de l’énergie et l’efficacité énergétique par la valorisation des ER. Ils concerneront toute la chaîne allant de l’extraction, des études de potentiels, de l’ingénierie, des nouvelles technologies jusqu’à l’exploitation et la gestion. Ils aborderont aussi les différents aspects liés au domaine : les politiques énergétiques, l’environnement socio-économique et financier, les normes, les législations et la dimension comportementale.

 Quelle est la prochaine étape ?

L’étape actuelle est la rédaction du dossier de projet et la prochaine sera le dépôt de la réponse élaborée le 7 février 2019.

 Quand est ce que ce projet devrait il aboutir ?

La sélection des projets est généralement annoncée six/sept mois après le dépôt, soit août/septembre 2019. Si le projet est sélectionné, il démarrera en janvier 2020 pour une période de trois ans.

 
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