Bâtir des sociétés moins vulnérables, plus résilientes et prospères
Recherche








Accueil du programme

 

Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015: Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes

À sa 9e séance plénière, le 22 janvier 2005, la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes a adopté le Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015: Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes, libellée comme suit:

Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015: Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes

I. Préambule

1. La Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes, qui s’est tenue du 18 au 22 janvier 2005 à Kobe (Hyogo, Japon), a adopté le présent Cadre d’action pour 2005-2015: Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes, ci-après dénommé «Cadre d’action». Occasion exceptionnelle de promouvoir une approche stratégique et systématique de la réduction de la vulnérabilité (1) et de l’exposition aux aléas (2) elle a souligné la nécessité de bâtir des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes et a mis en évidence les moyens d’y parvenir (3).

A. Problèmes posés par les catastrophes

2. Les pertes dues aux catastrophes sont en augmentation, ce qui a de graves conséquences pour la vie, les moyens de subsistance des populations, en particulier des pauvres, et la préservation des fruits du développement, acquis de haute lutte. Les risques de catastrophe revêtent de plus en plus un caractère planétaire, ce qui signifie que leur impact et les mesures prises dans une région donnée peuvent avoir des retombées sur les risques auxquels sont exposées d’autres régions. Si l’on y ajoute une vulnérabilité croissante liée à l’évolution démographique, technologique et socioéconomique, à une urbanisation sauvage, aux aménagements réalisés dans des zones à haut risque, au sous-développement, à la dégradation de l’environnement, à la variabilité du climat, aux changements climatiques, aux aléas géologiques, à la course à des ressources limitées, ainsi qu’à l’incidence d’épidémies telles que celle du VIH/sida, on peut craindre un avenir caractérisé par des catastrophes de plus en plus menaçantes pour l’économie du monde, sa population et le développement durable des pays en développement. Au cours des deux décennies écoulées, plus de 200 millions de personnes en moyenne ont été touchées chaque année par des catastrophes.

3. Il y a risque de catastrophe en cas d’interaction entre des aléas et des facteurs de vulnérabilité physiques, sociaux, économiques ou environnementaux. Les phénomènes d’origine hydrométéorologique sont responsables de la grande majorité des catastrophes. Bien que l’importance que présentent la réduction des risques de catastrophe et le renforcement des moyens permettant d’y faire face soit de mieux en mieux comprise et acceptée, les catastrophes et, en particulier, la gestion et la réduction des risques, continuent de poser un problème mondial.

4. Désormais, tous les pays reconnaissent que les efforts de réduction des risques de catastrophe doivent être systématiquement intégrés dans les politiques, plans et programmes de développement durable et de lutte contre la pauvreté, et qu’ils doivent s’appuyer sur une coopération bilatérale, régionale et internationale, notamment sur des partenariats. Le développement durable, la lutte contre la pauvreté, la bonne gouvernance et la réduction des risques de catastrophe sont des objectifs complémentaires et, si l’on veut relever les défis qui se profilent, il faut redoubler d’efforts afin de mettre en place au niveau des collectivités et au niveau national les capacités nécessaires pour gérer et réduire les risques. L’adoption d’une démarche de ce type est importante pour la réalisation des objectifs de développement convenus au niveau international, notamment de ceux énoncés dans la Déclaration du Millénaire, et doit être reconnue comme telle.

5. Il importe d’encourager les efforts de réduction des risques de catastrophe aux niveaux international et régional ainsi qu’aux échelons national et local, comme cela a été reconnu ces dernières années dans plusieurs déclarations et cadres d’action multilatéraux majeurs (4).

B. La Stratégie de Yokohama: enseignements tirés et lacunes relevées

6. La Stratégie de Yokohama pour un monde plus sûr: Directives pour la prévention des catastrophes naturelles, la préparation aux catastrophes et l’atténuation de leurs effets et du Plan d’action correspondant (en abrégé «Stratégie de Yokohama»), adoptés en 1994, donnent des orientations fondamentales pour réduire les risques de catastrophe et atténuer les conséquences des catastrophes.

7. L’examen des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Stratégie de Yokohama (5) met en évidence les défis majeurs qu’il faudra relever au cours des années à venir pour se prémunir plus systématiquement contre les risques de catastrophe dans le contexte d’un développement durable et devenir plus résilient grâce au renforcement des capacités nationales et locales de gestion et de réduction de ces risques.

8. Les conclusions de cet examen soulignent qu’il est important pour réduire les risques de catastrophe de s’attacher, selon une démarche vraiment anticipative, à informer  et mobiliser les populations et à les associer à tous les aspects de l’action menée dans les collectivités au sein desquelles elles vivent. Elles soulignent aussi la modicité des crédits qui, dans les budgets de développement, sont affectés expressément à la réalisation des objectifs de réduction des risques, que ce soit au niveau national ou à l’échelon régional ou par le biais de mécanismes de coopération ou de financement internationaux, tout en notant que l’on pourrait beaucoup mieux exploiter les ressources disponibles pour réduire efficacement les risques de catastrophe et tirer un bien meilleur parti des méthodes éprouvées applicables à cet effet.

9. Des lacunes et des problèmes précis ont été relevés dans les cinq grands domaines suivants:

a) Gouvernance: cadre institutionnel, cadre législatif et cadre de politique générale;

b) Mise en évidence, évaluation et surveillance des risques et alerte rapide;

c) Gestion des connaissances et éducation;

d) Réduction des facteurs de risque sous-jacents;

e) Préparation de plans d’intervention et de relèvement efficaces.

L’élaboration d’un cadre d’action pertinent pour la décennie 2005-2015 devra s’articuler autour de ces grands axes.


1 : La vulnérabilité est définie comme suit: «Conditions déterminées par des facteurs ou processus physiques, sociaux, économiques ou environnementaux qui accentuent la sensibilité d’une collectivité aux conséquences des aléas» (ONU/Secrétariat inter-institutions de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes, Genève, 2004).

2 : L’aléa est défini comme suit: «Manifestation physique, phénomène ou activité humaine susceptible d’occasionner des pertes en vies humaines ou des préjudices corporels, des dommages aux biens, des perturbations sociales et économiques ou une dégradation de l’environnement. Font partie des aléas les conditions latentes qui peuvent à terme constituer une menace. Celles-ci peuvent avoir des origines diverses: naturelles (géologiques, hydrométéorologiques ou biologiques) ou anthropiques (dégradation de l’environnement et risques technologiques)» (ONU/Secrétariat interinstitutions de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes, Genève, 2004).

3 : Le présent Cadre d’action s’applique aux catastrophes provoquées par des aléas d’origine naturelle ou imputables à des aléas ou risques environnementaux et technologiques connexes. Il envisage donc la gestion des risques de catastrophe dans une perspective globale, prenant en considération tous les aléas et leur interaction, qui peut avoir de lourdes conséquences pour les systèmes sociaux, économiques, culturels et environnementaux, comme cela a été souligné dans la Stratégie de Yokohama (chap. I, partie B, al. I, p. 7).

4 : Quelques-uns de ces cadres d’action et déclarations sont cités dans l’annexe du présent document.

5 : Examen de la Stratégie et du Plan d’action de Yokohama pour un monde plus sûr (A/CONF.206/L.1).

 
NOUS CONTACTER
Par téléphone: +230 402 6100
Par courriel
   Pour plus d'information
 

Etats membres

   
         
     

Points focaux

Comores       Reunion
Madagascar       Maurice
Seychelles      

Contact

Commission de l'Océan Indien
Blue Tower - 3ème étage
Rue de l’Institut
Ebène
Maurice

Tel : (+230)4026100
Fax : (+230)4656798
Email : secretariat(at)coi-ioc.org