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Conférence ministérielle sur la sécurité maritime: Engagement politique renouvelé et nouveaux accords

29 avril 2018, Hôtel Intercontinental Balaclava – « Ce fût un grand succès ! », résume Maneesh Gobin, le représentant du ministre de la Justice de Maurice au sujet de la Conférence ministérielle sur la sécurité maritime qu’il a présidé au nom du ministre des Affaires étrangères et président du Conseil de la Commission de l’océan Indien (COI), Seetanah Lutchmeenaraidoo.

Ils étaient plus de 180 délégués, dont des ministres de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères ainsi que des hauts responsables d’institutions multilatérales, venant d’une quarantaine d’États et organisations régionales et internationales à assister, depuis le jeudi 26 avril, à cette conférence ministérielle organisée conjointement par la Commission de l’océan Indien et l’État mauricien avec le soutien de l’Union européenne, membre observateur auprès de l'organisation régionale.

L’événement a débouché sur la signature de quatre accords portant sur un renforcement de la coopération entre États pour une meilleure sécurité maritime dans la région occidentale de l’océan Indien. Deux accords ont été signés sous le programme régional de sécurité maritime (MASE, MAritime SEcurity) : le premier, porte sur l’échange et le partage d’information maritime, notamment à travers le Centre régional de fusion d’information maritime (CRFIM) basé à Madagascar ; et le deuxième, porte sur la coordination d’opérations conjointes notamment à travers le Centre régional de coordination opérationnelle (CRCO) basé aux Seychelles.

Les signataires des deux accords MASE sont l’Union des Comores, la République de Madagascar, la République de Maurice, la République des Seychelles, la République de Djibouti. D’autres Etats de la région sont appelés à adopter ces accords qui restent ouverts aux partenaires désirant contribuer à la sécurité maritime régionale qui conditionne la stabilité de routes maritimes d’envergure mondiale.  

A la cérémonie d’ouverture officielle de la Conférence, le Premier ministre Pravind Jugnauth, assistant à la signature des accords de coopération entre la COI et la République de Maurice avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime portant sur la lutte contre les trafics illicites, a mis l’accent sur le lien entre sécurité et développement. « En tant que petites îles souvent dépourvues de ressources naturelles terrestres, nous aspirons à développer nos vastes espaces maritimes et à construire un nouveau chapitre de nos économies autour de l'océan. Pour que cela se matérialise, nos mers doivent être sûres et nous devons débloquer les ressources nécessaires en ce sens », a-t-il soutenu.

Et le Premier ministre d’ajouter : « Seul, aucun de nos pays ne peut lutter contre le trafic illégal dans nos océans, la spoliation de nos mers ou les menaces croissantes à l'insécurité dans nos eaux. Même collectivement, ce combat restera compliqué. Mais si nous pouvons nous mettre d'accord sur les moyens de travailler ensemble et de partager des informations et de coordonner nos actions, nous pouvons certainement faire mieux que ce que nous faisons actuellement. Unissons donc nos forces pour y arriver. »

Alors qu’il est de plus en plus question de l’économie océanique, les mers restent en effet le lieu privilégié pour toutes sortes de crimes, trafics et menaces. La Déclaration ministérielle des Etats de l’Afrique orientale et australe et de l’océan Indien adoptée à l’issue des travaux renouvelle d’ailleurs l’engagement des Etats de la région à coopérer pour lutter contre les crimes et menaces et souligne l’importance des partenariats avec la communauté internationale.

Le Secrétaire général de la COI, Hamada Madi, résume : « C’est bien la volonté politique qui conditionne l’action d’un État, son engagement concret à lutter contre tous les crimes et menaces en mer. C’est bien la volonté politique qui, seule, décidera de la portée de notre coopération pour que chacun de nos États-membres puisse véritablement tirer profit d’une croissance nouvelle et nécessairement durable basée sur le potentiel de nos océans. »

L’Union européenne, premier partenaire au développement de la région et bailleur du programme MASE, a indiqué sa volonté de continuer à soutenir les Etats de l’océan Indien occidental.  Ainsi, l’ambassadeur et chef de la délégation de l’Union européenne, Marjaana Sall, a annoncé « une enveloppe supplémentaire de 5 millions € de l’Union européenne en appui à l’opérationnalisation des Centres régionaux de Fusion de l’information maritime à Madagascar et de Coordination des opérations en mer aux Seychelles ». A cela s’ajoutent d’autres financements, notamment dans le domaine des pêches, de la sûreté et la sécurité portuaire ou encore de la lutte contre les effets du changement climatique, a-t-elle précisé.

Le ministre Maneesh Gobin conclut : « La nouvelle frontière de notre développement, de celui des îles de la région et de notre grande région de l’Afrique orientale et australe, c’est cet océan que nous avons en partage. Ce que nous avons fait ici durant 4 jours vise justement à assurer l’avenir de nos pays ce qui passe nécessairement par la sécurisation des espaces maritimes. Il est heureux que nous puissions compter sur des partenariats et des appuis annoncés de l’Union européenne, du Japon à travers une participation aux activités de l’ONUDC dans le cadre du partenariat avec la COI, de la Chine, membre observateur de la COI, entre autres. »

Au total 25 Etats de la région ou ayant des intérêts commerciaux et économiques dans la région, notamment l’Union des Comores, les Seychelles, Madagascar, l’Ouganda, Djibouti, les Émirats arabes unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, le Sri Lanka, les États-Unis, l’Arabie saoudite, la Chine et l’Inde, étaient représentés à la conférence. De même, 17 organisations économiques et politiques comme le Comesa (Marché commun pour l’Afrique orientale et australe),  Communauté de l’Afrique de l’Est, l’Organisation internationale pour les migrations, l’Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime ainsi que l’Union européenne y ont participé.

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Signature des accords MASE par le ministre des Affaires étrangères de Madagascar, le Vice-président de l'Union des Comores, le ministre de la Justice de Maurice, le ministre de la Défense de Djibouti et la ministre de l'Intérieur des Seychelles.

Conférence ministérielle sur la sécurité maritime

La sécurité maritime dans le bassin occidental de l'océan Indien est un enjeu majeur pour le développement durable de toute l'Afrique orientale et australe et l'océan Indien (AfOA-OI). 

La multiplicité des menaces, crimes et délits en mer constituent des freins à la stabilité politique, à la croissance économique, au progrès social et à la préservation des milieux et ressources naturels. La réponse à ces défis, qu'il s'agisse de piraterie, de trafics de drogues, de menace terroriste, de pêche illégale ou encore de pollution en mer, ne peut être que collective. Seuls, les Etats ne sont pas en mesure de contrôler les vastes ZEE qu'ils contrôlent. 

L'appui de la communauté internationale est donc nécessaire. Il est même légitime dans la mesure où l'océan Indien occidental, traversé par des routes maritimes internationales, est une zone d'intérêts communs. 

Soucieuse de mobiliser les partenaires nationaux, régionaux et internationaux en faveur de la sécurité maritime, la Commission de l'océan Indien, sur décision de son Conseil extraordinaire des ministres d'octobre 2017, organise du 26 au 29 avril 2018 à Maurice une Conférence ministérielle sur la sécurité maritime dans l'océan Indien occidental.

Cette Conférence vise à donner une impulsion nouvelle aux collaborations concrètes pour la sécurisation de long terme des vastes zones maritimes de la région de l'AfOA-OI en pleine conformité avec les Conventions et Stratégies en vigueur. 

 

 

Ministerial Conference on Maritime Security and Safety
 

Maritime security in the Western Indian Ocean Basin is a major challenge for sustainable development throughout Eastern and Southern Africa and the Indian Ocean (ESA-IO).

The multiplicity of threats, crimes and offenses at sea undermine political stability, economic growth, social progress and the preservation of natural environments and resources. The answer to these challenges, be it piracy, drug trafficking, terrorist threat, illegal fishing or pollution at sea, can only be collective. No Regional States can control the vast EEZ by itself. 

The support of the international community is therefore necessary. It is even legitimate insofar as the western Indian Ocean, crossed by international shipping routes, is an area of ??common interests.

In order to mobilize national, regional and international partners in favor of maritime security and safety, the Indian Ocean Commission, mandated by its extraordinary Council of Ministers in October 2017, is organizing a Ministerial Conference on Maritime Security in the Western Indian Ocean from 26 to 29 April 2018 in Mauritius.

This Conference aims to give new impetus to concrete collaborations for the long-term security of the vast maritime areas of the ESA-OI region in full compliance with the Conventions and Strategies in force.

 

 
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